ESPACE PRESSES / PRO
Madame, Monsieur, chers partenaires à la diffusion,
Merci pour votre attention portée sur le travail de GLAISE, cet espace est le vôtre.
Dossier de présentation, extraits sonores, fiche technique, dossier de presse (à compter de mi-janvier 2023), communiqués, …
Vous trouverez ici l’ensemble des renseignements utiles, mais au-delà, nous sommes bien évidemment à votre disposition pour poursuivre, vous fournir davantage.Chaque lieu est unique, possède ses particularités, ses propres capacités, ses attentes et objectifs, n’hésitez pas à nous faire part des vôtres et voyons ensemble.
Nous sommes réjouis de poursuivre avec vous, avec votre public. À bientôt !
L’équipe de GLAISE
Le costume
Les promesses et les certitudes auront vite raison des angoisses d‘Irène, esseulée. Elles lui confectionnent un costume sur mesure et tenant d‘une seule pièce : ce corps, ouvrage aux valeurs sûres fait des petites coutures incontestables et luisantes auxquelles elle se soustrait sans aucune hésitation.
Se persuader est l'œuvre de son quotidien
Jusqu’à ce qu’Irène soit happée, elle ne s’est aperçue de rien, se dit dupée. Fantomatique fragment, se persuader est l’oeuvre de son quotidien. L’imbue a le bras long pourtant, sans concession, sans restriction. Irène discontinue, et alors ?
- N’est-on sevré que lorsqu’on s’arrache ? La faute vient forcément d’ailleurs. Ça lui descend jusqu’à la plante, puis de la plante au talon.
- Que t’es-tu fait ?
- Ils m’ont crevé les yeux !
Calcanéum-frein. Et merde ! L’angoisse est apatride.
Elle ignore, elle préfère. Irène attend la vie, la vie attend Irène. Elle dort de sa plus belle peur, elle déplore l’anecdote qui fait son récit par ailleurs. L’ego ligote un grain de sel, une couille lourde, une idée fourbe. Irène : un corps laissé à rien, vain et poreux. C’est une histoire de cordes, c’est une histoire de petits noeuds. Elle voudrait crier à Batman : Viens, on va fighter dans la caravane ! Elle voudrait désarmer la Piéta qui lui a confisqué ses boules de Geisha. Mais Irène attend l‘instant, la permission telle un chien qui attend son maître à la sortie d’une boucherie.Les diktats lui semblent être des bouffées d’air et lui donnent l’occasion de ressembler précieusement à quelque chose, à ce qu’on lui autorise d’envier.
Toujours heureuse, jamais contente. Talentueuse et pas compliquée Irène tient son apnée. Ni victime ni coupable, pas plus qu’atténuante, juste passagère. Circonstance et voluptés légumières, Irène est devenue molle.
Le papier millimétré
Elle s’est découpée de belles normes dans du papier. De fines feuilles blanches, certaines sont un peu gondolées mais toutes sont munies de petits carreaux millimétrés. Alors quand bien même sentir le silence aigu au travers de ses cloisons, la voilà magnifique dans son tailleur camouflage, sans retenue et confortée.
Ni réjouie, ni résignée dans un état de providence, je vis d’apnées et d’évidences. Toujours heureuse, jamais contente. Talentueuse et pas compliquée, ma vie est une paire de fesses qu’on caresse tous les dimanches après la messe. C’est une histoire de cordes.
La voilà, sorte de globule dans un laboratoire où 20000 pieds balayent cendres et soupçons.
Poreuse et pénétrable mais certaine. Déjà domptée, le visage déjà verni de toutes parts. C’est une histoire de petits noeuds.
Les paresses d'Irène
L’iris lacère
Dédains, oublis
Chuchote cette vie au pli
Qui t’épluche et te poursuit
Enfreins lisière
Une vie au pli
Tu t’extirpes silentiaire
Tu livres l’accent de ton oeil au déni
Cet ennui que tu vénères
Trace en ton creux, en son pli
Il cajole tes abris
Livre l’accent de ton oeil au déni
Scelle ce dont tu te surprends
Moi, j’énerve ton silence
Condamne les instances,
Elles ont l’urgence confortable
Enfuir aux pierres
L’absence du cri
Le corps de la lettre où tu gîs
Livre l’accent de ton oeil au déni
L’iris lacère
Dédains, oublis
Chuchote cette vie au pli
Qui trébuche et te sourit
N'est-on sevré que lorsqu'on s'arrache ?
Absoute dans un circuit d’absents, plus de fractions sinon les miennes. Ce qui m’avait réjouit, ce qui m’avait appelé, ce qui m’avait été promis. Pas de question, pas de remise, de rédemption, l’articulation de mon poignet droit se fige.
N’est-on sevré que lorsqu’on s’arrache ?
Où va ton reflet lorsque tu nages ?
Il se lâche haletant en rien réticent
Grimaçant se lâche décevant
Mon reflet va, s’ajoutant
Il a choisi de quitter l’être pour vivre avec son fantôme
Il va vers d’autres âmes absoutes, nageant
Mon reflet va, à quelque bras dissout, feignant
Au plus-à-nu qu’il puisse, où tout s’ignore
Où tout se cherche encore
Mon reflet va, découvrant la ride sous l’oripeau
Que te dédie en surface quelque mouvement
Celle qu’il nomme vaguement avant de s’éloigner à nouveau
Autant qu’il l’accuse, mon reflet fuit son propre mouvement
Mon reflet vient, s’agrandir et remuer
Ta vie solitaire, ta vie à te taire - Quel été respirera-t-il ?
Mon reflet va sans rien garder
Sans crier gare - Qu’adviendras-tu de moi ?
Mon reflet vient, s’agrandir et remuer
Ta vie solitaire, ta vie à te taire - Quel été respirera-t-il ?
Mon reflet va sans rien garder
Sans crier gare - Qu’adviendras-tu de moi ?
Plissant les surfaces de dédains
Mon reflet s’invitant, m’irritant
Me fait honte, alors que brassant vain
Les longueurs de ta cuisse, je suis le vent
Il se lâche, haletant, en rien réticent
Grimaçant, se lâche décevant
Mon reflet va, s’ajoutant
Il a choisi de quitter l’être pour vivre avec son fantôme
Il va vers d’autres âmes absoutes, nageant
Mon reflet va à quelque bras dissout, feignant
Au plus-à-nu qu’il puisse, où tout s’ignore
Où tout se cherche encore
Le Mensonge
Sans que cela ne se laisse trop apparaître sur sa personne, une peur la pénètre. Le rejet soudain de ce qui jusque-là lui faisait envie.
Les promesses reculent et le doute avance sa part d’Histoire, c’est l’instant d’après. On lui a menti.
Depuis les crêtes
Depuis les crêtes où
Nous avons vécu, nous avons vieilli
Où les voeux font silence où
sont rires, affres et cris
Depuis les crêtes où
Nous avons ri de la peine des nonnes
De la chute de Washington
Depuis les crêtes où
Nos bras substituent, moi, je porte jusqu’à toi
Depuis les crêtes où
Nous avons les nostalgies survenues
D’une époque que nous n’avons pas connue
Nous hissons matins depuis les crêtes où
Nous glissons pauvres ambidextres
Nous hissons matins aux pieds des pins sylvestres
Nous attendons d’autres souvenirs
Nous craignons d’autres solitudes
Depuis les crêtes où
Pour l’heure l’onde dore, fait tenant
Noue barreaux avec ardeur, quelque part
Déjà nus, qu’y choir nous soit doux.
Nous dansons presque nus, à revers
Une valse au milieu du sable, c’est la nuit
Nous dansons presque nus, c’est l’hiver
Fais feu de gorge, fais front, lape fonds
Dans la soupe de ta vie, sont cheveux éperdus
Quelques parts de ton âme
Nous dansions presque nus
Une valse, aux abois, nous dansions
Un enfant fut conçu
Nous tirons au bleu
Nous ne réclamons plus
Nous tirons au vent
Nous ne réclamons plus
D’aller où nous ne sommes
Qu’autres glaises, autres mots tus
Déjà nus, qu’y choir nous soit doux.
Depuis les crêtes où
Arpentent les bourrasques
Nos hautes frasques
Depuis les crêtes où
Vagues mots meurent
Fracassent contre roches
Et soudain se faire rendre au visible
Et soudain se faire ouvrir côtes et coudes
Et soudain se faire respirer d’une traite
Ballade aux contraires
Tourne l’oeil au-dedans
Tourne l’oeil
Tourne l’oeil au-dedans
L’ordre des contraires
L’ordre des contraintes
L’ordre du devoir
Ce matin donne à courir
Ce matin donne à fouiller
Hachures, gestes traîtres ad hoc
Recoudre l’étoffe, histoire dans l’Histoire
Le fleuve dénoue, mon ombre couvre la
Longer
En direction de l’estuaire
Où l’eau s’esquive hors de terre
Hors du lit de Meuse
Sortir
Hors de bouche
Mettre tasse, gorgée mal bue
Strophe-soeur une fois recousue
Dehors le mot fuyard
Échappé de lèvres humides
Rester
Rétine-Mémoire
Visage Repasse
Rétine-Mémoire
Au dedans du devoir
Sauve du cil un regard
Le sommeil est confortable mais pas éternel (partie I)
Elle est entrée sans rien dire, sagement, comme l’aurait fait un enfant trop docile. La pièce est intimidante, froide et vieillotte. Ses yeux, sans aucune permission, visitent le lieu, chaque visage. Ils sont tant et l‘espace si petit pour le nombre à y mettre. Il pue ici une odeur de renfermé. Son regard impressionné par la solitude que lui impose ce moment lui propose une table encore libre, son corps suit.
Soudain, se dresse devant elle un grand type bizarre, mince et nerveux, il parle avec les doigts tendus. Son visage, bien qu’étroit, prend toute la place. L’omniprésence embarrassante d’un pied-de-biche. Elle le contourne sans un mot et pose son sac sur la table qui, à cet instant, laisse cogner un de ses quatre pieds métalliques contre le carrelage fonctionnellement
beige et carré afin de signaler son manque de stabilité. Un signe ?
- Que m‘ont-elles fait ?
- Il m’a crevé les yeux !
- Qui ça, eux ?
- Toi aussi.
Le rouge, le vert, la couleur du tapis, l’odeur du café, le prix du lait, tout tourne. Une odeur de cigarette froide, le rouge, le vert, la couleur du tapis, l’odeur du café, le prix du lait, tout tourne.
Le carrelage, Irène beige et carrée, craquelée de toutes parts. Un bruit d’os, de ligaments qui tirent. Elle fait craquer ses doigts, fige sans cesse l’articulation de son poignet droit. Chercher la mie, le bout lucide, gratter le moindre, chiner le réconfort dans l’obligation. Se rattraper, bien s’appliquer, ne rien oublier; le rouge, le vert, l’odeur du café, le prix du lait. Tout soigner ou au contraire, lancer, bousculer, tout arracher.
- Que penses-tu faire maintenant ? Que penses-tu faire ?
Cette goutte froide atteint maintenant sa joue, est-ce déjà la suivante ? La première s’est peut-être déjà évaporée sans même s’être laissée sentir. Cette odeur de renfermé, il y a déjà un temps qu’elle savait, alors chercher ?
- Que penses-tu faire maintenant ? Que penses-tu faire? Où cela va-t-il s’arrêter ? Où cela va-t-il se cogner ?
Froide, énième et salée, probablement perdue quelque part dans le textile de sa manche. S’ensuit ce rire, il traîne au dedans. À laquelle ? Dedans, elle est à deux. Ses yeux effarés, la couleur du tapis, l’odeur du café, le prix du lait. Elle voudrait dire, donner un signe, une voix ou juste un mot tant la presse à présent cette cage tout autour, les arbitraires qu’elle s’impose. L’angoisse c’est l’enfance de sa solution, le premier cri avant la langue. L’angoisse, c’est finalement avec elle qu’il faudra composer, s’entendre et comprendre.
- Que penses-tu faire maintenant ? Que penses-tu faire ?
Le sommeil est confortable mais pas éternel (partie II)
Dans le flou qu’offre l‘accalmie, l’entrante s’approche. Elle aperçoit un tableau. Une toile immense posée dans un cadre doré, orné de grosses moulures.
-Cela ne doit sans doute pas dater d’hier, se dit-elle.
Si l’objet dénote dans cet espace, il trône, solitaire et éprouvé. Il trône tel un vestige subsistant.
Irène observe le travail, elle distingue dans ce cadre poussiéreux, pesant, les couches fines et successives, les craquelures légères du verni et elle s‘étonne - Cela ne doit sans doute pas dater d’hier ! Il s’agit là d’un aboutissement, d’une finalité tellement les artistes ont travaillé discrètement, comme ils ont pris le temps de s’installer dans l’espace. Elle se demande comment il fut possible d‘en arriver là, combien de temps a-t-il fallu et comment se fait-il que personne n’ait rien vu. L‘oeuvre fut produite sans que personne n’eût rien remarqué.
Dans le tableau, il y a ce que chaque bouche pourrait avoir dit à la seconde qui précède, ce que chaque paume pourrait écarter de phalange dans la minute qui suivra. Chaque fraction de l‘instant est rendue à l’identique. Irène est stupéfaite, les gestes sont peints d’une telle exactitude qu’on se demande si tout cela n’était pas annonciateur. Comme jamais, Irène se sent impliquée, dépourvue autant qu’asservie, telle celui qui dut pousser les clefs dans l’entaille du châssis, telle celui qui dut user des jours durant son petit gris sur le lin enduit d’une colle de lapin blanchâtre, qui dut laisser son oeil et l’articulation de son poignet s’astreindre à l’ombre du maître d’oeuvre. Telle l’un des joueurs de cette partie de cartes figée sur cette toile où la lumière dissimule une douce inquiétude.
Irène sait à présent qu’il en vient d’un travail d’orfèvre où l’ombre et la lumière sont les commanditaires. Sur la toile, la touche est lisse et le rendu parfait. Les sujets sont attablés, ils ont les cartes en main. Un désarroi dans son plus bel apparat, Irène est stupéfaite. - Comment est-on arrivé là ? L’excès d’hébétudes qui se lit aux visages de ces joueurs laisse dans le
cran et le pli, par une virole maîtrisée, par un poignet souple, être ce qu’on ignore le plus.
Devant la baie
Alors parvenus
Par vaux ou par monts, le pas nous presse
Hâte humeur, frissonnements, aucun dommage qui ne se doit
Alors parvenus
Par vaux ou par monts, le pas nous presse
Au-dehors, vigilant de ne changer aucun dommage que lui ne voit
Alors parvenus
Nous rebroussons, nous dispersons
Cerneaux de noix comme pupilles écarlates
C’est la trace qui te désigne
Elle ne te remet plus à l’enfant
Mais à ta mémoire, simple ligne
C’est la trace qui te désigne,
Par delà chaque lacune trafiquée sans efforts
Par delà chaque brume couchée sans accords
Alors parvenus
Nous remuons, nous gaspillons
Cerneaux de noix comme pupilles écarlates
Alors parvenus
Nous rebroussons, nous dispersons
C’est au signe qu’il te faut souscrire.
C’est la trace qui te résigne,
Elle ne t’est plus d’aucun dépend
mais à ta mémoire, simple ligne
C’est la trace qui fait énigme,
Par de là chaque lacune trafiquée sans efforts
Par de là chaque brume couchée sans accords
Dialogue
- Que m’ont-elles fait ?
- Elle m’a crevé les yeux
- Qui ça, ils ?
- Toi aussi
Mais plus que jamais, vivante
Quel son sifflait, entonnait tout aigu
S’imposait tel tout corps reconnu
Quel nom à ce boucan
Quelle décision aux chavirants
C’est au signe qu’elle souscrit à présent
Le galbe, la croupe, la dette du temps
Les espaces descellés
Au-devant, elle s’attache
- J’étais absente
Reprend sa feuille d’ache
- Plus que jamais, vivante
Enrage Enracine Enfante
Devant elle s’attelle langue trouble et vêtue
Aux sels s’agite le ventre, s’attelle langue fourbe et retenue
Aux abats, mais à partir de là
Sans le droit aux images elle t’aura tant pansé
Sans autant de toucher elle te prend à la page
Idoles, idées, visages
À partir de là, elle veut savoir
pourquoi elle ne s’arrête pas de penser
pourquoi elle ne s’arrête pas de courir
À partir de là, elle veut pouvoir
strier la pierre, ne plus savoir
- C’est la trace qui te désigne, elle ne te remet plus à l’enfantmais à ta mémoire, simple signe
Dialogue II
- Que m’ont-elles fait ?
- Elle m’a crevé les yeux
- Qui ça, ils ?
- Toi aussi
Ne vous arrêtez pas
Peignez Lucie, peignez ! Faites-nous luire, allez
Peignez Lucie, peignez ! Ne vous arrêtez pas, brillez
Faites s’embraser nos paupières, faites-nous luire, allez
À quelque trait près
À quelque mot, hurlez
Faites lavis au sépia
Faites feu à tout bras
Ne vous arrêtez pas
Faites s’embraser nos paupières
Accrochez-les, ne vous détournez pas
Faites resplendir les rires lapidaires
Ne les écoutez pas
Nous en voulons aux bords
Nous en voulons à tort
Tracez, raclez, tapez pâtes molles. Aux faits accomplis
Crachez tumeurs et non-dits
Oh Le corps prend la parole
Peignez Lucie, peignez ! Faites-nous luire, allez
Peignez Lucie, peignez ! Ne vous arrêtez pas, brillez
- Que t’ont-ils fait ?
- Elle m’a crevé les yeux !
- Qui ça, eux ?
- Toi aussi.
Arrache, rêche, troue, gratte, colle
Faites qu’on tortille corde, câble, ficelle
Prendre aux flous visuels
L’angoisse, c’est sans doute avec elle
Faites qu’on s’accroche
Petits corps couverts de bémols
Fendre forme, trouer toile
Faites qu’on raffole, faites qu’on tortille
Faites qu’on rigole sous l’absidiole
Hordes, fables et querelles
Le sommeil est confortable mais pas éternel
L’angoisse, c’est sans doute avec elle
- Que t’a-t-elle fait ?
- Elle m’a crevé les yeux
- Tu m’as crevé les yeux !
Discontinue, et alors ?
Je suis la main prise et le pot sans confiture. Rattrapée, Ballottée, et alors ?
Je loue la veine qu’il me reste à mon amour poème. Je suis tout ou rien, je suis le pire et le bien, je suis l’hier et le lendemain. Discontinue ? Et alors.
D’or et d’argent
-Venez voir quel bonheur ! Ces deux poupées toutes serties
-Venez voir ! Quel bonheur
Et les danseuses qui dansèrent, plus un habit de paupières
Et ces valses, ces polkas, ces airs si gais
Huile d’argan
La teinte, le trait S’étreindre, ça y est :
L’eidos y dort loin de l’objet
À penser, les choses semblent assises
D’où
Voir sis au bleu au pli
Corps applaudis sinon crapules, enfuis
Mais qui te dit de te méfier de l’animal blessé ?
À quoi bon
À bois rompus
Nous assaillons
Souches, troncs
Dut-il
De la langue, de la hargne
Ou d’image sans haine
Ou mémoire à la traîne
L’histoire qui gêne est la gangrène
Quelque part le père se pâme
Au périmètre exigu de l’épouse
Fausse relation
La touche est prude et le rendu parfait
L‘arrogance arithmétique met le motif asymétrique
L‘aisance systématique nie l’encéphalomyélite
Par un poignet souple, par une virole maîtrisée
Le piège des harmonies, un matin las
Être ce qu‘on ignore le plus
Grappes et gouttes
Irréductible le temps du geste
Assoupi aux enfeus
Le mot nomme au creux
Chacune des cavités
Irréductible le temps du geste
Où son souffle aveuglé
Où sa seule image, son visage
Enfuit le trait
Emaillent les langues
Ne laisse cette nuit
Que les trous béants
Et les pieux brûlés
La maison dissoute
La terre s’en nourrit
Nous laisse cette nuit
Chaleur du dedans
Nos bras n’osent toucher
Glisse du doigt à la joue
De la joue à la cuisse
Enjoué et douloureux, le ventre est insidieux
Le silence à défaut des yeux
La terre s’en nourrit
Plus rien qui ne hisse, plus rien que tu n’eusses
Latences, impatiences, et précipitations avant de sentir
Un soupir chaud te glisser sur le buste : c’est la vapeur relâchée de tes apnées
Les paumes brûlées
Ce matin, mon ombre sans fioriture, la bouche pleine de ratures
- Ce matin, mon ombre, jusqu’où la plains-tu d’être vaine ?
Et ma langue corrompue, et ce socle dépourvu, ce matin mon ombre n’est pas étiquetée
Les étrennes douces : lesquelles qu’eussent ongles et paumes lisses
Une histoire sans coupable, une cuite un peu amère
Sonate pour violoncelle et piano de S.Prokofiev, premier mouvement
Où la langue gardera
Sous le vers, sous le ventre
Où la langue perlera
Sans trop y faire à l’encre
Nous esquissons matins
Complexité du trait
Epuisé c’est aux poings
Qu’enfin tu te soustrais
Hortense
Au moindre mot, fissure les rochers
Et s’il ne souffle pas la feuille
L’épair dû pose le silence
Il marche désaligné
Son crâne débranché
Son genou sale, son tronc dressé
L’angor
Impliquer haleine, humides et salés
Faisceaux, battements
D’aucune artère
Il a fallu ignorer les bras ballants
Avant l’heure
Qu’évident, que cessent
Renversent et ravivent les doigts
Qu’abrient, que roulent
Que lavent et relâchent nos pas
Crédits textes : Philippe Cloes. © philippe cloes 2021, tous droits réservés